
Troisième album studio d’Ozzy Osbourne, Bark At The Moon est également le premier avec le guitariste Jack E. Lee, transfuge de Dio (et ancien membre de Ratt et Rough Cutt), qui a alors la lourde tâche de faire oublier Randy Rhoads et de fournir de nouveaux morceaux au Madman (qui ne le créditera pas sur l’album, d’ailleurs, pas plus que Bob Daisley). Deux versions différentes sortent alors, une pour le marché européen et une autre pour l’américain. Un titre diffère « Center Of Eternity » pour le second et « Spiders » pour le premier, ainsi que la disposition des morceaux. Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que « Center Of The Universe » est une composition très heavy et entêtante, alors que « Spiders » est un mid-tempo très mélodique et plein de nuances, qui lorgne sur le hard rock, voire le hard FM. C’est à n’y rien comprendre. On trouve également des variantes de couleurs sur les pochettes, notamment pour le nom du groupe et le titre de l’album.
Ce qui ressort de cet album, c’est d’abord la qualité de ses compositions, particulièrement soignées, qui allient riffs puissants et techniques, à des lignes vocales immédiatement identifiables. Plusieurs chansons ressortent, comme l’éponyme et incontournable « Bark At The Moon » et ses références fantastiques, mais également l’excellent « Rock ‘n’ Roll Rebel » au riff groovy et au refrain fédérateur. Jack E. Lee y délivre un magnifique solo qui l’assoit comme un des grands espoirs de la scène metal. Autre réussite, la ballade au piano « So Tired », aux jolies orchestrations, qui démontre toutes les variations dont la voix d’Ozzy est capable. Sans doute l’un de ses titres les plus poignants. Dans un registre opposé, « So Down » est un vrai heavy rock enlevé, soutenu par des claviers, et qui annonce étrangement le virage moins metal du chanteur.
C’est également le cas du hard rock « Waiting for Darkness », sur lequel les claviers sont dominants, repoussant les guitares au second plan. Si le chant d’Ozzy est excellent et ses lignes vocales soignées, le metal des deux premiers albums est bien loin. Ce constat est plus évident encore sur « You’re No Different », une fausse ballade, aux motifs hérités des années 1970 et à la mélancolie communicative. Les fans peuvent aussi apprécier le hard rock carré, « Now You See It (Now You Don’t) » qui donne envie de secouer la tête en cadence, avec son riff bourré de groove et ses arrangements futuristes aux claviers.
Servi par une excellente production, Bark At The Moon est une des meilleures réalisations de cette année 1983 et permet d’asseoir Ozzy Osbourne comme un chanteur à part entière, en partie débarrassé de l’aura de Black Sabbath.
Version américaine
- 1. Bark at the Moon
- 2. You’re No Different
- 3. Now You See It (Now You Don’t)
- 4. Rock ‘n’ Roll Rebel
- 5. Centre of Eternity
- 6. So Tired
- 7. Slow Down
- 8. Waiting for Darkness
Version européenne
- 1. Rock ‘n’ Roll Rebel
- 2. Bark at the Moon
- 3. You’re No Different
- 4. Now You See It (Now You Don’t)
- 5. Forever
- 6. So Tired
- 7. Waiting for Darkness
- 8. Spiders
- Ozzy Osbourne – Chant
- Jake E. Lee – Guitare, chœurs
- Bob Daisley – Basse, chœurs
- Tommy Aldridge – Batterie
- Don Airey – Claviers
Labels : CBS, Epic








