RAINBOW – Difficult to Cure (1981)

Après l’échec humain et commercial de la période Graham Bonnet, avec le mésestimé Down to Earth, Ritchie Blackmore change une partie de son groupe. Il engage notamment Joe Lynn Turner au chant, en provenance de Fandango et le batteur Bobby Rondinelli. Cette nouvelle mouture, plus commerciale, s’oriente vers un hard FM puissant, en faisant notamment appel à des apports extérieurs, notamment Russ Ballard. Dans le même temps, le guitariste développe son amour pour le néo-classique, en nous livrant deux instrumentaux, dont l’excellent et éponyme « Difficult to Cure », basé sur un mouvement de la neuvième symphonie de Beethoven. Tous ces changements paient, puisque cet album remportera un franc succès et se classera même en troisième position des charts britanniques. Il faut avouer que cette reconnaissance est méritée. Si la technique des musiciens n’était pas à démontrer, le sens de la mélodie et la voix claire de Joe Lynn Turner apportent un indéniable plus à ces nouveaux morceaux.

Ouvrant sur le hard FM « I Surrender » qui entre immédiatement dans la tête sans pouvoir en sortir, ce nouvel opus présente un groupe étonnamment requinqué et frais, qui semble avoir oublié ses récents déboires. La section rythmique est impeccable, tandis que Don Airey habille le tout de sonorités inventives, comme le montre le rapide « Spotlight Kid » sur lequel il s’en donne à cœur joie, notamment en s’adonnant à des duels avec la guitare de Ritchie Blackmore. Les influences classiques des deux musiciens sont évidentes, ce qui propulse ce titre vers les sommets. Cette puissance et cet élan sont confirmés par le hard rock « Can’t Happen Here » aux ambiances rappelant Deep Purple. Gorgé de groove, ce morceau est clairement taillé pour la scène.

Ce mélange de riffs saignants et de mélodies qui a présidé à la naissance de cet album se retrouve sur la plupart des compositions. « Freedom Fighter » s’appuie notamment sur un tempo sautillant qui mène à un refrain aisément identifiable. Les guitares y sont néanmoins épaisses et les arrangements inventifs. Tout aussi étonnant, « No Release » puise dans le blues un feeling groovy, tandis que les riffs purement hard rock sont tempérés par des lignes vocales soignées et mélodiques qui ne sont pas sans rappeler Queen. Moins connus que certaines autres chansons de cet album, ces deux titres sont à réhabiliter. Plus lent, « Midtown Tunnel Vision » est un pur blues épaissi par des orgues et des distorsions, et sur lequel Joe Lynn Turner nous montre qu’il possède un vrai coffre. A l’opposé, le mélodique « Magic » ancre Rainbow dans l’AOR, avec ses nappes de claviers, ses mélodies chantantes et ses chœurs légers.

En complément de ces sept chansons, Rainbow nous livre deux instrumentaux nourris à la musique classique. Tout d’abord le mélancolique « Vielleicht Das Nachste Mal (Maybe Next Time) » qui va influencer bon nombre de guitaristes, Vinnie Moore et Yngwie Malmsteen en tête, et le plus connu « Difficult to Cure » évoqué plus haut. Alors que la mode des shredders n’est pas encore lancée, ces deux titres vont être copiés par les guitaristes en herbe et faire aussi la renommée du groupe.

Difficult to Cure est un grand album qui relancera la carrière de Rainbow et le fera connaître d’un plus grand public.

  • 1. I Surrender
  • 2. Spotlight Kid
  • 3. No Release
  • 4. Magic (Brian Moran)
  • 5. Vielleicht Das Nachste Mal (Maybe Next Time)
  • 6. Can’t Happen Here
  • 7. Freedom Fighter
  • 8. Midtown Tunnel Vision
  • 9. Difficult to Cure (Beethoven’s Ninth)
  • Joe Lynn Turner – chant, chœurs
  • Ritchie Blackmore – guitare
  • Roger Glover – basse
  • Bobby Rondinelli – batterie
  • Don Airey – claviers

Producteur : Roger Glover

Label : Polydor Records

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