
Avec ce deuxième album solo, Derek Sherinian frappe très fort et ce, dès « The sons of Anu », qui voit s’affronter deux guitaristes de légende aux styles totalement différents : le jazzy Al DiMeola et le métallique Yngwie Malmsteem. La rencontre, peu probable, se révèle cependant excellente et l’on ne peut qu’applaudir des deux mains (et se gratter la tête en se demandant comment ils font pour jouer comme ça). Tout l’album est du même style. S’inspirant de thèmes mythologiques : « The Sons of Anu », fantastiques « Axis of Evil », « Nightmare Cinema » ou S-F : « Star Cycle », « Black utopia », le claviériste de génie nous fait passer de l’autre côté du miroir, là où tout est possible. Même Zakk Wylde donnant à réplique à Yngwie Malmsteem, ou Al DiMeola flirtant avec ce même Suédois. Les frissons nous prennent lorsque le clavier majestueux du maître Derek vient y ajouter sa patte magique.
Cela donne lieu à des envolées lyriques qui dépassent de beaucoup ce que l’on a pu entendre ces derniers temps. Tout cela se fait avec une telle facilité et un tel talent qu’il faut admirer cela comme une œuvre, au sens littéral du terme. Tout est fait pour retenir l’auditeur. Chaque morceau propose d’ailleurs une atmosphère différente qui rend l’ensemble fort harmonieux. La rythmique très lourde de « Nightmare Cinema » introduit le jeu reconnaissable de Zakk Wylde, très à l’aise sur ce morceau digne d’un film d’épouvante. Un hommage au père Ozzy, sans doute. Cela se confirme sur « Axis of Evil ». Derek Sherinian a choisi les guitaristes en adéquation totale avec l’ambiance des morceaux.
Et lorsque Lukather s’y met sur « Stony Days » on se dit que le monde du rock tout entier voulait être de la partie. L’ambiance se calme donc, ce qui permet d’admirer le travail du bassiste Tony Franklin, tandis que le guitariste fait pleurer son instrument. Avec « Star Cycle », la musique lorgne vers un jazz rock progressif de bon aloi, tandis que « Gypsy Moth » est éclairé par la guitare sèche d’Al DiMeola, un piano et un superbe violon, juste en filigranes. Pour clore l’album, le morceau d’anthologie qu’est « Black Utopia », absolument idéal pour soutenir une lecture de 1984 ou du Meilleur des mondes. Que dire de plus ? Achetez-le. Et pas uniquement si vous êtes musicien !
- 1. The Fury
- 2. The Sons of Anu
- 3. Nightmare Cinema
- 4. Stony Days
- 5. Star Cycle
- 6. Axis of Evil
- 7. Gypsy Moth
- 8. Sweet Lament
- 9. Black Utopia
- Derek Sherinian – Claviers
- Steve Lukather – Guitares (4) (5) (8)
- Zakk Wylde – Guitares (3) (6) (9)
- Yngwie Malmsteen – Guitares (1) (2) (6)
- Al DiMeola – Guitares (2) (7)
- Brian Tichy – Guitares (2) (3) (6) (9)
- Jerry Goodman – Violon (2) (3) (6) (7) (8) (9)
- Tony Franklin – Basse
- Simon Phillips – Batterie
- Billy Sheehan – Basse (2) (6) (9)
Label : Inside Out/Wagram