RAZORMAID – First Cutt (1987)

Originaire de Reno dans le Nevada, Razormaid publie un unique album en 1987, dans un style varié qui oscille entre hard rock et de heavy metal, avec parfois des touches de glam, le tout emmené par des guitares puissantes et techniques et un chant bien en place. En onze morceaux, tous d’une évidente qualité, ce quintet nous prouve qu’il était au moins à la hauteur de la plupart des formations qui avaient pignon sur rue à l’époque. Il suffit de jeter une oreille sur l’excellent « Blue Thunder » pour s’en convaincre. Appuyé sur un riff enlevé, ce titre nous entraîne dans un heavy rock soigné, que viennent rehausser des solos techniques et fluides. C’est d’ailleurs ce qui frappe sur cet album, la qualité des musiciens. Chaque intervention des guitares transpire la classe, comme c’est le cas aussi pour le chant de Jamie Lee qui montre toute sa classe sur « Sooner or Later », un hit en puissance qui aurait dû atterrir sur toutes les chaînes de télévision de l’époque si le groupe avait eu les moyens de tourner un clip. Son refrain entre dans la tête pour ne plus en sortir. On n’est pas loin d’un Poison en plus puissant, comme nous le montre « Fight for Your Love », un autre morceau qui aurait dû tout renverser en radio ou de Nigthranger sur « Obsession » dont les claviers apportent une touche plus mélodique. Sur ce dernier titre, le groupe mélange les styles, apportant une touche rock FM à son hard rock. Le résultat est vraiment réussi tant les arrangements sont subtils.

Afin de contrebalancer ce moment un peu plus calme, Razormaid propose « Livin’ on the Run », un hard rock mid-tempo au riff énorme qui conduit à un refrain un peu convenu. Mais les changements de tonalités, les interventions des guitares et les chœurs donnent envie de chanter à tue-tête. La face A se termine par « Victim of the Night », un pur morceau heavy, bien gras, qui lorgne un peu du côté de Judas Priest, ce qui étonne après les précédents titres. Mais cette attirance pour les riffs puissants se confirme dès « Rock ‘n’ Roll Invasion » qui s’appuie sur une structure clairement metal pour ensuite alléger le propos grâce à un refrain aux chœurs aigus, plus proche du glam que du heavy metal. Razormaid ne se cantonne donc pas à un style unique ce qui, peut-être, est une explication quant à sa non signature sur un gros label. Dommage.

« The Drifter » poursuit son exploration de la veine la plus sombre du groupe, avec un mid-tempo énorme, aux guitares grasses, au chant hurlé et au refrain épique. L’ensemble est lourd et se rapproche des groupes européens, ce qui n’est pas le cas de la ballade « Second Time Around » qui parvient à faire le lien entre les deux côtés de l’Atlantique en proposant une chanson jamais mièvre qui joue avec des ambiances mélancoliques et permet aux guitaristes d’éclabousser cette chanson de leur talent. L’album se poursuit avec le heavy rock « Too Late » qui parvient à faire la jonction entre Survivor et Van Halen. Une belle preuve de l’éclectisme de ce groupe qui termine son album sur « Racing with Time » aux solos néo-classiques du plus bel effet.

En finissant l’écoute de cet album, on se dit que ce groupe a raté le coche. Il se sépare assez rapidement. John Kirk and Curtis Mitchell forment alors Bangalore Choir qui voit débouler la vague grunge au moment où le succès aurait pu arriver. Certains artistes n’ont décidément pas de chance. Reste cette petite pépite qui a été rééditée en CD en 2000.

  • 1. Sooner or Later
  • 2. Fight for Your Love
  • 3. Blue Thunder
  • 4. Obsession
  • 5. Livin’ on the Run
  • 6. Victim of the Night
  • 7. Rock ‘n’ Roll Invasion
  • 8. The Drifter
  • 9. Second Time Around 
  • 10. Too Late
  • 11. Racing with Time
  • Jamie Lee :  Chant
  • Curt Mitchell : Guitares, Claviers 
  • John Kirk : Guitares 
  • Dave Wix : Basse 
  • Dean Clarkson : Batterie

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