
Déboulant de San Francisco, ce trio nous claque un premier album percutant, nourri aux sonorités de Led Zeppelin, des Who, de Thin Lizzy, voire de Queen ou des premiers Genesis version Peter Gabriel. Autant dire que FAS IV a puisé son inspiration dans les années 1970 pour nous offrir un album atemporel qui frappe dès son entame avec un « Witchcraft » possédé qui devrait devenir un classique, et qui renvoie autant à Led Zeppelin qu’aux White Stripes. Le son est aussi granuleux qu’une râpe à bois et permet à la voix de Frank Abreau Salazar de nous montrer toute l’étendue de son talent. Il y a du Robert Plant ou du Lenny Wolf (Kindgom Come) en lui.
Après cette mise en bouche démesurée, le groupe passe d’un hard rock très seventies : « Double Lie » au riff virevoltant et au refrain entêtant ou le déjanté « I’m On Drugs », à un rock mélodique éclairé par un orgue chaud : « Everybody Knows » ou la ballade groovy : « Mind’s Eyes », pour s’égayer ensuite sur des pièces plus progressives comme « Tightropes » qui puise autant chez Queen que chez Genesis. Les styles sont si différents d’un morceau à l’autre que l’on croirait écouter un album de Faith No More passé à la moulinette de années ’70. Autant dire que rien n’est à jeter et qu’il est impossible de résister à la folie d’un « Drive » ou à la musicalité d’un « All The World Is A Stranger Hotel », éclairé par une guitare psychédélique du plus bel effet.
Une nouvelle fois, le label Bad Reputation a eu le nez creux pour aller dénicher cette perle, non pas aux Antipodes, mais outre-Atlantique. Et il ne fait aucun doute, qu’à l’instar d’un Blues Pills qui défraie la chronique depuis quelques années, FAS IV possède tous les atouts et tout le talent nécessaire pour faire une grande carrière en surfant sur la vague d’un revival salutaire qui sait mettre en avant les compositions avant l’image. Ces Américains ont tout compris à la musique et je vous invite à jeter plus qu’une oreille sur cette petite bombe de feeling, de mélodies et puissance.
Rien n’est à jeter, mais il manque ce petit grain de folie qui ferait passer Cry Of Dawn du rang de groupe studieux à celui d’espoir du genre.
- 1. Witchcraft
- 2. Double Life
- 3. Dead In My Tracks
- 4. Everybody Knows
- 5. Rat Trap
- 6. All The World Is A Strange Hotel
- 7. Voices
- 8. Tightrope
- 9. Mind’s Eye
- 10. Police
- 11. Drive
- 12. I’m On Drugs
- Frank Abreau Salazar : Chant, guitares
- Miles Delaco, basse
- Tim Aristil : Batterie
Label : Bad reputation