
Ce second album de Dedringer survient après une série de problèmes et d’accidents qui ont émaillé l’existence du groupe. Les ventes de Direct Line n’ayant pas atteint les résultats escomptés, des dissensions apparaissent avec le label du groupe, tandis que Neil Hudson et Al Scott sont victimes d’un grave accident de la route. Le groupe se sépare pour se reformer l’année suivante, mais avec un nouveau chanteur et un nouveau bassiste. La signature sur Neat Records laisse augurer un bel avenir. Il faut dire que le style a évolué pour passer d’un hard rock bluesy à un heavy metal mélodique teinté de hard rock plus proche de Tygers of Pan Tang, Quiet Riot ou Dokken, comme le montre « Comin’ Out Fightin’ » qui aurait pu rencontrer un réel succès outre-Atlantique ou le nuancé « Never Gonna Lose It » au riff évoquant AC/DC.
Plus accrocheuses, les chansons de Second Arriving sont également mieux écrites et produites, comme en atteste l’excellente « Donna » au refrain fédérateur et au riff insidieux. La voix de Neil Garfitt, éraillée comme celle de son prédécesseur, est un peu plus mélodique et surtout plus puissante. Sur « Rock Night », il parvient à nous entraîner dans un heavy rock soutenu par de magnifiques arrangements de guitares. Certains passages évoquent Diamond Head, tandis que le reste du morceau est résolument tourné vers les Etats-Unis. Le rapide et puissant « I’m On The Outside » est également une réussite capable de donner envie de taper du pied et de secouer la tête. A base d’accords plaqués, il est dominé par le chant et les chœurs joliment produits. Le groupe a progressé, comme en témoigne l’étonnant et heavy « D.J. O.K. » qui s’appuie sur un riff bourré de groove et un rythme rapide.
Evidemment, il demeure des compositions plus nuancées, comme le glam rock « The Eagle Never Falls » qui clôt l’album avec ses chœurs ancrés dans les années 1970 ou le très beau « Going To The Movies », au tempo médium et au refrain rapidement mémorisable. Son riff à la AC/DC évoque Krokus, tandis que ses arrangements rappellent Dokken. On ne comprend donc pas comment le succès a pu fuir ce groupe et cet album qui ne comporte aucun temps mort. En dépit de son rythme plus lent, « Sold Me Lonely » est finement écrit avec ses passages dépourvus de distorsion et ses magnifiques lignes vocales.
Malgré quelques belles premières parties, Dedringer finit par se séparer en 1985, nous laissant deux albums de bonne facture qu’il est urgent de (re)découvrir.
- 1. Rock Night
- 2. Going To The Movies
- 3. Sold Me Lonely
- 4. I’m On The Outside
- 5. Donna
- 6. Comin’ Out Fightin’
- 7. Throw Me The Line
- 8. Never Gonna Lose It
- 9. D.J. O.K.
- 10. The Eagle Never Falls
- Kenny Jones : Batterie
- Chris Graham : Basse, chœurs
- Mick Kremastoules : Guitares, chœurs
- Neil Hudson : Guitares, chœurs
- Neil Garfitt : Chant
Label : Neat records