
Formé à Leeds en 1977, Dedringer appartient à la New Wave Of British Heavy Metal qu’il a traversée en météorite, ne publiant que deux albums et quatre 45 tours. Adepte d’un hard rock chaud, le quintet se rapproche davantage de Samson et Vardis que d’Iron Maiden ou Saxon. Cette spécificité a sans doute été l’un des freins à son développement puisque, Def Leppard excepté, ce sont surtout les groupes de heavy metal qui ont monopolisé l’attention à l’époque. Avec le recul, il est bien dommage de ne pas avoir pu profiter plus longtemps de ce groupe, tant ses qualités apparaissent dans ce premier album aux compositions sautillantes et gorgées de groove, sur lesquelles les guitaristes nous montrent leur dextérité et leur feeling.
« Direct Line » ouvre le bal avec un hard rock rythmé, destiné à donner envie de secouer la tête en cadence. Le refrain, un peu plus rapide que les couplets, est construit sur un rythme binaire et permet à J.J. Hoyle de nous entraîner dans sa danse. Sa voix, médium et un peu éraillée, convient parfaitement à ce style, tandis que la basse de Lee Flaxington emplit une bonne partie de l’espace. Teinté de blues, ce titre est idéal pour commencer et permet de lancer l’excellent « She’s No Ready » un boogie sautillant qui évoque Vardis et qui devient vite irrésistible. La paire de guitaristes s’en donne à chœur joie en se livrant à de beaux duels. Ces deux chansons composaient d’ailleurs le deuxième 45 tours du groupe.
Plus épais, le rock « Maxine » est un peu plus dispensable, mais se laisse écouter. C’est son côté un peu brouillon qui étonne par rapport aux autres titres, même si de beaux solos viennent l’agrémenter. Plus enjoué, « Sunday Drivers » évoque Status Quo avec son douze mesures qui donne la pêche et relance la machine. On se dit qu’il devait bien retourner la salle lors des concerts du groupe. Il était d’ailleurs sorti sur le premier 45 tours du groupe avec « We Don’t Mind » qui n’a jamais été retenu pour un album.
Puisant dans le blues, Dedringer nous offre aussi des morceaux plus nuancés, comme « So Still » à l’ambiance pesante qui s’accélère dans son dernier tiers ou « Hight Stool » qui met un certain à démarrer pour mieux nous surprendre dans sa seconde partie. Etonnants, ces deux titres ne s’inscrivent pas dans l’air du temps. Il en va de même pour le très bon « First Class Tonight » construit sur de belles ambiances et de nombreux changements de rythmes et d’intensités.
L’album se clôt sur le boogie « Runaway », dominé par une basse vrombissante et un rythme alerte. A nouveau, les influences blues ne sont pas loin et font penser aux premiers albums d’AC/DC. C’est intelligent, finement construit grâce à des solos de guitares qui fusent dans tous les coins. Dedringer possédait d’évidentes qualités d’écriture et d’excellents goûts musicaux qui font de cette première livraison une vraie réussite.
- 1. Direct Line
- 2. She’s No Ready
- 3. So Still
- 4. Maxine
- 5. Hight Stool
- 6. Sunday Drivers
- 7. First Class Tonight
- 8. Runaway
- Lee Flaxington : Basse, piano, chant
- Kenny Jones : Batterie
- Al Scott : Guitares
- Neil Hudson : Guitares
- J.J. Hoyle : Chant
Label : Dindisc