
Si la Nouvelle-Zélande est plus connue pour son rugby que pour son metal, Devilskin possède de nombreux atouts qui pourraient permettre d’équilibrer un peu la balance en faveur de la musique. Après un premier album intitulé We Rise, sorti en 2014, le groupe mené par la chanteuse Jennie Skulander, à la voix, tour à tour, puissante et mélodique, revient avec ce Be Like A River plus mature et encore plus varié que son prédécesseur. Mêlant de multiples influences, qui vont du heavy metal au metalcore, en passant par la musique indé, Devilskin sonne comme les meilleurs des groupes américains du genre, rappelant parfois The Pretty Reckless, comme sur l’excellent « Voices », voire Skillet lorsque le propos se fait plus enjôleur ainsi que le montre la power ballade « Believe in Me » et ses growls (eh oui, le groupe ne fait rien comme les autres). On peut également penser à In This Moment pour la démesure, avec une pointe plus mélodique parfois : le contrasté « Limbs ».
Mais passés ces moments calmes, le quatuor envoie du lourd, comme sur le génial « F.Y. I. » qui sonne comme le mélange improbable de Trust (un riff que n’aurait pas renié Nono), Rage Against The Machine (ce refrain rappé) et Eths (pour les hurlements de la chanteuse). L’ensemble devient vite addictif, tant l’alliance entre puissance et mélodie touche juste. Car ne nous y trompons pas, Devilskin est un vrai groupe de metal qui possède une section rythmique dévastatrice : le monstrueux « Mountains » qui renverse tout sur son passage ou le psychédélique « Animal » mené par une basse énorme. On peut ajouter à cela, un guitariste qui sait tisser les accords capables de nous clouer au sol comme sur le groovy « Pray », puisant dans le nu-metal pour composer « Bury Me » ou le heavy presque doom pour nous écraser lors de l’introduction et des ponts de « House ».
Vous l’aurez compris, Devilskin nous offre un album aux ambiances variées, dont le premier morceau, « In Black » annonce clairement la couleur en jouant sur les contrastes, passant de moments calmes à d’autres plus enlevés, ce qui est la marque de fabrique de cet album. On retrouve ce jeu d’atmosphères sur l’inquiétant « Grave » qui évoque Static X ou Godsmack, mais avec cette originalité apportée par la voix de Jennie qui transpire la classe. « We Rise », qui clôt l’album, en est un parfait exemple, puisqu’il entrelace plusieurs idées et genres, à la manière d’un Faith No More, sans jamais perdre le fil, ni succomber à la facilité. Débutant par un riff qui donne envie de secouer la tête en cadence et nous entraîne vers un refrain percutant, cette chanson s’autorise des changements de rythmes et même un moment de calme avant de repartir de plus belle.
Avec ce deuxième album, Devilskin accouche un chef d’œuvre qui se découvre un peu plus à chaque écoute. Il ne vous reste plus qu’à vous jeter dessus et à succomber au charme irrésistible d’un groupe bourré de talent. Avec ces premiers frimas, autant vous dire que ces treize titres vont vous réchauffer.
- 1. In Black
- 2. Mountains
- 3. Pray
- 4. Voices
- 5. Believe In Me
- 6. F.Y.I.
- 7. Bury Me
- 8. House 13
- 9. Grave
- 10. Animal
- 11. Limbs
- 12. Closer
- 13. We Rise
- Jennie Skulander : Chant
- Tony ‘Nail’ Vincent : Guitares, chœurs
- Paul Martin : Basse, chœurs
- Nic Martin : Batterie